L’apprentissage de la lecture et de l’écriture à l’école suédoise

La rentrée en deuxième année à l’école suédoise (« årskurs 1 » ou encore « Ettan ») correspond à un cp/ce1 français. Cette année est entièrement consacrée à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture des enfants âgés entre 6 et 8 ans (les plus jeunes ont 6 ans en septembre et les plus âgés auront 8 dans le courant de la nouvelle année).

Les enfants ont commencé à s’habituer à l’écriture et aux lettres de manière assez libre en förskoleklass, classe intermédiaire entre la förskola (pré-école) et la skola (école) qui permet de s’adapter et de s’habituer à un nouveau rythme de journée où on est davantage assis à une table.

Une journée d’école classique en årskurs 1 (« cours année 1 ») se décompose de manière assez classique et ressemble à ce qu’on pourrait trouver en France même si elle se finit plus tôt : les enfants commencent leur journée à 8h30 et ont une récréation (« rast ») d’une demi-heure à 9h30. Le déjeuner a ensuite lieu à 11h30, puis une pause d’une demi-heure et la classe reprend pour une dernière heure. Les classes sont composées de 17 élèves pour un enseignant mais la tendance globale est à l’augmentation des groupes dans la plupart des écoles suédoises. Cette année, les matières enseignées (par tranche d’une heure maximum) sont majoritairement axées sur le suédois et les mathématiques. Les autres disciplines enseignées sont le sport, les sciences naturelles, les arts (musique et art visuel), l’éducation civique, l’anglais et la langue maternelle pour ceux qui en auraient besoin (à raison d’1h par semaine sur demande auprès de la commune).

« Årkurs 1 » est vraiment consacrée à l’acquisition de la lecture et de l’écriture. La plupart des enfants écrivent en début d’année uniquement en lettres majuscules et, à la fin de l’année, ils sauront écrire en lettres scripte minuscules. L’écriture enseignée en Suède est l’écriture scripte contrairement à la France où on apprend à écrire en lettres cursives. Les cours d’art viennent d’ailleurs en soutien à cet apprentissage avec un gros travail réalisé autour de la motricité fine (coloriage de mandalas, réalisation de lignes graphiques). Les enfants écrivent au crayon à papier, les stylos à plume n’étant pas la norme en Suède. Cela leur permet également de pouvoir effacer facilement en cas d’erreur.

Alphabet en lettres cursives
Alphabet en lettres scriptes

Les devoirs ne sont pas obligatoires dans les petites classes et arrivent en général un mois après la rentrée des classes à raison d’une fois par semaine (le devoir est à travailler à la maison sur quatre jours). L’enseignant suggère tout de même aux parents d’accompagner leur enfant car « apprendre à l’école et à la maison donne de bons résultats dans l’apprentissage de la lecture et il est donc important de s’entraîner régulièrement pour devenir un bon lecteur » (traduction littérale). Les enfants ont également trois questions par semaine auxquelles ils doivent répondre par écrit dans leur cahier de suédois « en faisant des vraies phrases et aussi joliment que possible ». Nous concernant, ces premières questions furent : « A quoi ressemble ta famille ? » « As-tu un.e meilleur.e ami.e ? », « Comme s’appelle-t-il/elle ? », « Dessine ta famille ou tes amis ! » Le deuxième devoir demandait des réponses plus complexes aux questions suivantes : « Qu’est-ce que cela te fait d’avoir un nouveau maître ? » et « Que faut-il faire si on se sent inquiet ou triste ? ». Il fallait ensuite que l’enfant dessine ce qui le rendait joyeux. Ces questions sont également un moyen de faire travailler l’enfant sur ses émotions. Quant au manuel de lecture, il raconte l’histoire d’enfants qui découvrent une balle magique. Sous fond d’enquête policière à l’école, les enfants sont motivés à lire pour découvrir la suite de l’histoire.

Pour ce qui est du suivi quotidien avec les parents, nous avons accès à une plateforme numérique où il est aussi possible de communiquer directement avec l’équipe pédagogique, consulter les évaluations, lire les messages d’information, avoir accès aux menus de la cantine, charger les documents administratifs, etc. Les notes ne sont pas la norme dans les petites classes. Elles arriveront un peu plus tard dans la scolarité (notation de A à F, C étant en général considérée comme une bonne note).

La journée d’école se finit à 13h30 pour les enfants en Suède. Les enfants dont les parents travaillent peuvent rester jusqu’à 18h30 aux « fritids », l’équivalent d’un centre de loisirs au sein même de l’école accessible jusqu’à l’âge de 13 ans (également ouverte à partir de 6h30 du matin pour les parents qui commencent tôt). C’est une autre équipe pédagogique (« fritidspedagog ») qui prend alors en charge les enfants pour leur faire faire des activités extra-scolaires. Dans le Värmland, les parents viennent chercher en général leurs enfants entre 15h et 16h. Pour ceux qui viennent chercher leurs enfants plus tôt, beaucoup ont prévu des activités extra-scolaires hors du cadre de l’école. Les journées de travail finissent tôt en Suède, y compris pour les adultes.

Le grand avantage de l’école suédoise (publique et privée) est qu’elle est entièrement gratuite. Le matériel scolaire est fourni (manuel, cahier, crayons) ainsi que les repas. Le sac à dos avec jogging et serviette est uniquement utile pour le sport (les enfants se douchent dans des vestiaires collectifs après le sport). Seuls les « fritids » sont payants car non obligatoires (l’école est obligatoire en Suède) à raison d’une centaine d’euros par mois en fonction des revenus des parents.

Il faut savoir que la qualité des fritids et de l’enseignement varient d’une école à une autre. J’ai malheureusement pu le constater par moi-même. Personnellement, j’ai été très déçue par l’école suédoise où se rendait ma fille l’an dernier en förskoleklass. Les « fritids » ne proposaient pas grand-chose aux enfants hormis toujours les mêmes coloriages et on les laissait souvent à eux-mêmes. Les enfants se retrouvaient souvent à devoir gérer seuls des situations conflictuelles et l’ambiance qui en résultait n’était pas propice à leur épanouissement. Quant à l’enseignante, souvent en arrêt maladie tout au long de l’année, elle fut remplacée par de nombreuses personnes à chaque fois différente. Ces absences répétées eurent pour conséquence un suivi irrégulier des enfants et l’apparition de situations parfois vraiment difficiles à gérer d’autant plus quand on ne maîtrise pas complètement la langue et les codes culturels. Sur les recommandations des Suédois à qui je parlais de cette situation (le bouche-à-oreille est très important), nous avons finalement opté pour une autre école suédoise beaucoup plus investie que la précédente. Aujourd’hui, nous avons eu la chance d’obtenir une place (les listes d’attente sont parfois longues) et nous découvrons un nouvel univers beaucoup plus proche de ce que nous imaginions de l’école suédoise. Les « fritids » de cette nouvelle école propose notamment des activités un peu hors du commun comme des sorties en forêt, des grillades au feu de bois, du hockey en salle, etc. Comme partout, la qualité de l’enseignement dépend avant tout de l’implication du personnel et du chef d’établissement.

Le métier de fritidspedagog

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